Je n'ai pas choisi de naître, ni de vivre, alors dois-je choisir ma mort? D'abord, je choisi ma vie. Il est bon de rever...
Clac, clac, clac, clac,...
J'adore écouter le bruit du talon de mes boots sur le marbre blanc de mon hall d'entrée. Quand je passe devant le miroir, je croise mon doux reflet, glacé dans l'immensité argentée, qui se répète... Qui se répète... Jusqu'à l'infini.
Je reste quelques secondes à me regarder. Puis, quand tout est parfait, quand mes cheveux brillent à la lueur des derniers rayons du soleil couchant, quand le khôl noir sous mes yeux fait disparaître les traces de cernes des nuits dernières... Et seulement à ce moment... Je commence à m'admirer. Je dois être parfait.
[...]
C'était une journée d'été. De celles qui donnent l'impression de ne jamais s'arrêter. De celles où le temps n'avance plus, bloqué dans un escalator, à contre-courant. Il court, mais il ne peut pas avancer. S'il s'arrête, il tombe.
J'étais jeune et ma mère m'avait envoyé dans une colonie de vacances. Je haïssais cela. Je voulais courir sur des plages interminables ou me perdre dans des forêts immenses. J'aurais préféré rester dans un Paris vide où au moins, les boulevards pollués et sales étaient, à moi, RIEN QU'À MOI. Je voulais tout sauf ces vacances en cage où tout est programmé et où le choix n'existe pas.
À l'époque, j'étais encore comme les autres. J'aimais le football, le sport, le rap commercial et les joggings. À l'époque, je ne connaissais rien au rock'n'roll, ni aux fringues 60's et encore moins à Burt Bacharach. J'étais juste un peu plus grand, un peu plus mûr que les autres. Et, surtout, j'avais déjà cet air hautain et insolent qui allait bien m'aider par la suite.
Mais cette carapace n'était que de plumes : elle s'envolait au moindre coup de vent. Je n'étais qu'un garçon de 12 ans comme les autres. En trois secondes et demie, tout allait changer, tout allait exploser, tout allait être détruit... Tout.
J'étais assis sous un immense saule pleureur qui dominait toute la cour. Un animateur s'approche. Je ne l'aimais pas. Il portait des marcels, il était vulgaire et banal et, par-dessus tout, il m'attrapait toujours quand je faisais le mur. Il n'était rien pour moi. Il savait très bien que j'étais assis là pour lire tranquillement. Mais, stupidement, il prit un air étonné.
«Oh ! J'ai quelque chose pour toi, ça pourrait te plaire...»
Il me tend un magazine. Sur la couverture, un barbu en santiags me dévisage... MOTORHEAD.
Je lui lance un regard de dégoût et je murmure un vague merci désintéressé, mais, dès qu'il me tourne le dos, je me plonge dans la lecture de ce magazine... Mojo.
Viens là que je te tue ma belle.